Les radeaux sud-américains de conception antique pouvaient-ils faire des allers-retours en Océanie ?Dans l'article ci-dessous l'auteur spécifie, avec justesse d'ailleurs, que l'expédition en radeau appelée Kon Tiki n'avait pas fait la preuve de relations anciennes possibles entre le Pérou et l'Océanie. En effet, selon d'Harcourt, si le Kon Tiki avait pu se rendre loin en Océanie en partant du Pérou, il n'aurait cependant pas pu y revenir, limitant d'autant les relations possibles entre ces deux endroits. En effet, ce radeau laissait tout simplement dériver en direction de l'Ouest, poussée par le vent et suivant le courant de Humbolt, et n'aurait pu, en temps normal, rebrousser chemin. Or, ce radeau utilisé pour l'expédition du Kon Tiki avait une faille. Heyerdahl et son équipe ne connaissaient pas l'utilisation des dérives amovibles telles que conçues par les anciens navigateurs sud-américains. C'est seulement bien des années plus tard lors d'une expédition de fouilles aux îles Galapagos que Heyerdahl fit l'essai de ces dérives et pu constater leur grande manœuvrabilité.
La traversée du Pacifique en radeauRaould'Harcourt
Journal de la Société des Américanistes Vol.36, No. 36 1947
Contre toutes attentes, les radeaux sud-américains de conception antique,
loin d’être des embarcations tout juste bonnes à se laisser dériver,
étaient au contraire très manœuvrables et permettaient même de
remonter contre le vent. D'anciens témoignages sont à l'effet de la grande manœuvrabilité de ces radeaux !
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we have only mentionned the construction and the uses they are applied to;
but the greatest peculiarity of this floating vehicle is that it sails,
tacks and works as well in contrary winds as ships with a keel, and makes
very little leeway. This advantages it derives from another method of
steering than by rudder; namely, by some boards three or four yards in
length, and half a yard in breadth, called Guaras, which are placed
vertically, both in the head and stern, between the main bearns, and by
thrusting some of these deep in the water, and raising others, they bear
away, luff up, tack, lay to, and perform all the other motions of a
regular ship. An invention hitherto unknown to the most intelligent
nations of Europe, and of which even the Indians know only the mechanism,
their uncultivated minds having never examined into the rationale of it.”[1] « Jusqu’ici
nous avons seulement mentionné la fabrication et les usages auxquels ils
servent; mais la plus grande
particularité de ce véhicule flottant est qu’il fonctionne à voile,
qu’il louvoie et se manœuvre aussi bien dans les vents contraires que
les navires possédant une quille, et qu’il dérive très peu. Cet
avantage provient d'une méthode de pilotage autre qu’un gouvernail, en
l’occurrence, des pièces de bois de trois ou quatre verges (yards) de
longueur, et d’une demi-verge de largeur, appelées Guaras, qui sont
placées verticalement dans la proue et dans la poupe, entre les
principales poutres; en enfonçant certaines de ces pièces profondément
dans l'eau, et en en relevant d'autres, ils déplacent,
soulèvent, font louvoyer et permettent
tous les mouvements d’un bâtiment normal. Une invention
jusqu'alors inconnue des peuples les plus avancés d'Europe et dont même
les Indiens ne connaissent que le mécanisme, leurs esprits incultes
n’en ayant jamais examiné le principe de fonctionnement. » Ces radeaux de balsa, malgré leur apparence rudimentaire étaient donc un très bon moyen de navigation. La voile et surtout cet ingénieux système de dérive amovible inconnu ailleurs à travers le monde permettaient une grande maniabilité. Les dérives étant amovibles, elles permettaient aussi à ces radeaux de naviguer ou d’aborder des terres dans des endroits peu profonds.
Radeau
antique sud-américain Un
trajet à bord de ces radeaux aurait donc été possible jusqu’en
Polynésie et les sud-américains auraient pu revenir à leur lieu
d'origine.
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