André Breton
« Les plus profondes affinités existent entre la pensée dite primitive et la pensée surréaliste : elles visent l’une et l’autre à supprimer l’hégémonie du conscient, du quotidien, pour se porter à la conquête de l’émotion révélatrice. » André Breton André Breton, écrivain et poète, auteur du "Manifeste du surréalisme".
L'intérêt d'André Breton pour la pensée primitive se manifeste très tôt dans sa vie. En effet, lorsque Marguerite Le Gouguès, mère froide et autoritaire, qui interdit à son fils de jouer dans la rue, et Louis Breton, ex-gendarme reconverti dans la comptabilité, offrent au jeune André de l'argent à l'occasion d'une récompense scolaire, qu'achète-t-il ? Une statue de la fertilité (plus connu sous le nom de Moai Kava Kava) scupltée à l'île de Pâques et rapportée par un marin de Lorient (Bretagne, France). André Breton a alors 16 ans, c'est en l'an 1912. C'est seulement de nombreuses années plus tard que l'art dit « primitif » acquière ses lettres de noblesse et commence à intéresser le grand public. Plusieurs portraits d'André Breton ont été dressés dans des articles, des biographies, des expositions. Mais l'image qui le caractérise le mieux concerne l'environnement qu'il avait su se créer. Pendant près de quarante ans, il a habité au 42, rue Fontaine, dans le quartier de Pigalle à Paris. Dans cet atelier d'artiste, il s'est créé un univers hors du commun. La magie des lieux tient au fait que l'atelier contenait un ensemble innombrable d'objets. Ces objets étaient disposés un peu partout, sur les murs, dans les placards ou la salle de bains, et tous avaient une histoire. La collection, apparemment hétéroclite, était une vaste construction mentale à la hauteur de son esprit, faite de documents, d'objets du culte religieux, de toiles d'artistes connus ou inconnus, d'art océanien, de photographies, de manuscrits ou d'objets anodins ramassés dans la rue.
André Breton dans son atelier, à sa gauche une statuette Moai Papa de l'île de Pâques. Pour de plus amples informations, voir le site Tribal.com; http://www.etribal.com/f/pdf/at04_collectionneurs.pdf
André Breton a déclaré un jour à propos des objets de sa collection : « Grâce à eux, je n'ai jamais été privé de chaleur humaine. » Un grand aveu de la part de celui qui souffrit aussi beaucoup de solitude.
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