Les évadés de l'Île de PâquesLoin du Chili, vers Tahiti
Marie-Françoise Peteuil Photos Ó Marie-Françoise Peteuil
Une véritable enquête, menée par Marie-Françoise Peteuil ! Des vraies réponses, fournies par les Pascuans eux-mêmes !
JHD : Bonjour Marie-Françoise, à partir de ce livre, Les évadés de l'Île de Pâques, vous nous faites connaître une période sombre et mal connue de l'histoire de l'île, lorsque les Pascuans étaient en quelque sorte prisonniers sur leur propre terre. Qu'est-ce qui vous a poussé dans un premier temps à approfondir cette question et par la suite à écrire un livre sur le sujet ? MARIE-FRANÇOISE
PETEUIL
:
Pendant deux ans
(2000 et 2001), j'ai vécu avec ma famille à Tahiti, où j'enseignais
les mathématiques. Une île, c'est petit, surtout Tahiti qui n'a qu'une
seule route de ceinture, et qui est quasi impénétrable au milieu. En
vivant là-bas, on a, nous les continentaux, vite
l'impression de tourner sans fin sur la route unique. Pendant les
vacances, nous aimions bien sortir et aller visiter les autres îles
polynésiennes. C'est
très incidemment à Rapa Nui qu'on m'a parlé d’un homme qui venait
de mourir et qui aimait raconter aux jeunes comment il était parti
sur un petit bateau qu'il avait fabriqué, pour fuir vers Tahiti,
tellement ils étaient misérables sur l'île. "Il a fait comme
Thor Heyerdahl", nous disait-on. Or,
il faut 6 heures d'avion pour joindre les deux îles. Sur le trajet
du retour, je pensais à ce Pascuan sur son petit rafiot, combien son
voyage devait avoir été hasardeux et difficile. Je doutais que ce soit
vrai, car on avait tant parlé du Kon Tiki et de Thor Heyerdahl à cette
époque, qu'une course similaire aurait due être très connue!
Les navigateurs connus d'alors, comme Thor Heyerdahl
et Eric de Bisschop , qui eux avaient eu connaissance de ces
exploits, ne les avaient pas divulgués, car cela aurait pu relativiser
les leurs. L'époque était encore très coloniale. Tous nos remerciements à Marie-Françoise Peteuil |