Escale d'un baleinier canadien à l'Île de Pâques
Journal of the Margaret RAIT
1840-1844 .. Captain James Doane COFFIN
Ó Jean Hervé Daude
Le
Margaret Rait, navire conçu pour la chasse à la baleine, fut construit en 1831 et enregistrée à St-John au
Nouveau-Brunswick. Après plusieurs années d'opérations, il entama son dernier voyage
en 1840 en se rendant dans le sud de l’océan
Pacifique. Cette expédition qui a duré près de quatre ans était dirigée
par le capitaine James Coffin Doane de Barrington (Nouvelle-Écosse). Grâce
au journal du capitaine, qui décrit les tribulations de la chasse à la
baleine et de la vie en mer des marins, nous pouvons prendre connaissance de ses
impressions concernant sa rencontre avec des habitants de l’Île de Pâques. En
effet, le Margaret Rait s'est arrêté à l'Île de Pâques en 1843
pendant environ cinq jours tout juste après Noël. Restant près de la côte,
sans débarquer sur l’Île, le capitaine et l'équipage ont troqué aux
Pascuans s’étant aventurés jusqu’au navire quelques surplus de leur
cargaison contre des patates douces, des ignames, des bananes et des
cannes à sucre. Le capitaine Coffin a exprimé son admiration pour les
Pascuans, louant leurs compétences de nageurs et les qualifiant de très
animée et joyeux. Il a précisé qu’ils n’exprimaient dans le regard,
la manière ou le geste, rien de sauvages ou de féroces. Deux
artéfacts de l’Île de Pâques, fabriquées à partir d'écorce renforcée
par un cadre de roseaux, font partis des collections du Musée St-John. Ces
artéfacts, extrêmement rares puisqu’on en compte seulement sept de par
le monde, auraient été rapportés par des membres d’équipage du
Margaret Rait. Pourtant, bien étrangement, le capitaine Coffin ne fait aucune mention d’avoir reçu ces deux figures en écorce de la part des habitants de l’Île. La direction du Musée St-John a cependant conclu, par une autre source, que ces deux figures auraient été rapportées par le Margaret Rait. En effet, il semble que des membres d’équipage auraient présenté les deux figures à l'Institut de la Mécanique locale (Mechanics Institute) à St-John. Le rapport annuel de 1845 de cet institut fait mention de la présence de « deux idoles des Isles de l'Est ». Par la suite, dans le catalogue du même institut daté du 1er mai 1883, ces mêmes objets sont décrits comme des « idoles adorées par les habitants de l’Île de Pâques ». Le
Musée du Nouveau Brunswick possède aussi trois autres figures de l'Île
de Pâques, très différentes des deux premières, puisqu’elles sont en
bois. Leur histoire demeure jusqu'ici complètement inconnue, mais il est
cependant très probable qu'elles aient été ramenées par des marins en
expédition dans le Pacifique sud, tout comme l'ont été celles rapportées
par l’équipage du Margaret Rait.
Ó Jean Hervé Daude . .
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