Le Musée de La Rochelle

autres sculptures provenant de l'Île de Pâques

Texte et photos  Ó Jean Hervé Daude

 

Ce moai Papa, d'assez grande dimension, fut fort certainement sculpté lors de la période décadente. En effet, on ne reconnaît plus dans cette pièce le raffinement des pièces traditionnelles de la période ancienne. Cette pièce fut offerte au Musée en 1937.

 

 

 

 

Ce moai Kavakava, très peu détaillé et aux coloris deux tons, semble aussi être d'origine décadente. Il a été collectée vers 1830-1832 par le capitaine au long cours Thébault. Cette pièce est entrée dans les collections du Musée en 1931 lors d'un échange avec le Musée de Nantes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

D'après les informations du Musée, cette tête aurait été rapporté par Pierre Loti lors de son escale à l'Île de Pâques. Celui-ci l'aurait obtenu d'un Pascuan pour le Contre-amiral Juin en échange d'une redingote de ce dernier en 1871 (probablement plus 1872, puisque Loti a fait escale à l'Île de Pâques le 3 janvier 1872). 

Loti avait en effet établi des relations privilégiées avec les insulaires, c'est par lui que l'on passait pour obtenir des objets d'art ou de culte fabriqués sur l'Île. 

Ainsi en est-il d'une demande du commandant De Lamotte auquel Loti a rapporté une statuette de bois  en échange d'une redingote de ce dernier.

"Les objets que je me suis procurés excitent l'admiration du commandant De Lamotte, qui n'a rien trouvé de pareil; il me prie, vu l'intimité qui semble régner entre les indigènes et moi, de lui procurer une idole comme la mienne, et, pour effectuer l'échange, m'abandonne sa redingote, objet d'un prix inestimable. Je traite donc avec mon ami le vieux chef, pour un bonhomme de bois qu'il tenait pieusement emmailloté sous son manteau en écorce de murier."  (1)

(1) Christian Pirot, L'Île de Pâques, Journal d'un aspirant de La Flore, 2008, p. 39.

Une demande provenant de l'amiral lui-même fut d'ailleurs transmise à  Loti concernant une statuette de pierre quelques heures avant le départ prévu de l'Île de Pâques.

" On m'appelle ! ... C'est de la part de l'amiral ce soir, - et, comme hier,  comme avant-hier, quand on m'avait appelé ainsi à des heures insolites, je pressens du nouveau qui pourrait bien me ramener encore une fois dans l'île sombre. 

En effet, l'amiral souhaiterait posséder un dieu de pierre, remplissant certaines conditions de taille et de physionomie ; comme il sait que son aspirant de majorité a beaucoup fréquenté dans les cases, il me demande si je me chargerais de lui procurer cela, et de la faire vite, demain au petit jour, sans retarder le départ de la frégate qui reste fixé à six heures.

Justement j'en connais, une idole, qui répond à son idéal, chez le vieux chef lui-même ; je prends l'engagement de la lui rapporter avant l'appareillage, en échange d'une redingote qu'il me confiera ; -et, charmé de retourner à rapa-Nui, je prépare avant de m'endormir plusieurs phrases de langue polynésienne, pour une dernière et suprême causerie avec mes amis sauvages. " (2)

(2)  Pierre Loti, Reflets sur la sombre route, 1899, p.333, 334.