Les premiers colonisateurs polynésiens
s’étaient installés sur une île densément boisée, que sont
donc devenus tous ces arbres après l’arrivée de l’homme sur
l’Île ?
Selon une thèse souvent évoquée,
l’Île de Pâques serait l’exemple typique illustrant les graves
conséquences d’une surexploitation des ressources naturelles par
l’homme. Selon cette thèse, la déforestation de l’Île, constatée
par les premiers explorateurs, serait due à l’incurie des Pascuans
eux-mêmes. Ces derniers auraient inconsidérément coupé tous les
arbres, pourtant essentiels à leur survie, à des fins domestiques, ou
de manière encore plus insensée pour fabriquer, transporter et ériger
leurs fameux Moai. La disparition des arbres conduisit inéluctablement
au déclin de leur civilisation et à la presque disparition des
Pascuans.
Selon une autre thèse,
tout aussi souvent évoquée, la déforestation de l’Île serait plutôt
due à un incident climatique, soit une phase de refroidissement intense
ou une longue période de sécheresse. En effet, bien que la végétation
de l’Île ait été à l’origine sensiblement la même que celle qui
recouvre en partie les autres îles de la Polynésie, l’Île de Pâques,
étant située beaucoup plus au sud, subit périodiquement des vents
australs très froids et ne bénéficie pas de pluies aussi abondantes.
Ainsi, la végétation, très abondante par le passé, était cependant
sans doute très proche de sa limite de survie.